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La vie dans mon quartier de lune
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12 mars 2012

Lundi

Le lundi, c’est pourri. Ce n’est pas moi qui l’invente, puisque de tout temps, la mythologie collective a hissé le lundi au rang de catastrophe naturelle à caractère très récurrent, de Garfield à Bob Geldof en passant par mon copain Boris.


elgritoLe lundi, comment vous dire ? C’est le jour où on se rend compte qu’on a un double-menton en apercevant son reflet dans son écran d’ordinateur, alors qu’on pensait justement avoir un profil plutôt sexy dans le registre intello avec ses lunettes négligemment posées sur le bout de son nez.
Le lundi, c’est le jour où on s’aperçoit qu’on a oublié de racheter des Petits Ecoliers, et où on fait malencontreusement tomber le dernier biscuit de la boite dans la litière du chat.
Bref, le lundi n’a jamais brillé par ses moments glorieux, c’est un jour pervers particulièrement sournois, et je viens d’en essuyer un specimen gratiné. Un de ces jours où j’ai littéralement l’impression que le ciel s’abat sur ma tête, et que le monde entier se repasse mon portrait imprimé sur une affiche « Wanted – morte ou vive et plutôt morte, en fait, c’est plus drôle ». Le détail à forte portée comique est que la poisse intégrale s’étend à tous les domaines de ma vie, elle s’infiltre insidieusement par un interstice, qu’il soit amical, familial ou professionnel, et elle coule subrepticement jusqu’aux autres niveaux, elle se répand partout, c’est gluant, c’est dégueulasse, je m’enlise et je vois rouge (parce que je ne suis pas du genre à me laisser engluer sans gueuler très fort). J’attrape mon dictionnaire et je passe à toute vitesse de la page indifférence à la page M comme mauvaise foi, je slalome entre les emails injurieux et les reproches blessants, je me rétame sur des messages professionnels, urgents, toujours urgents, la jauge rouge dans mes yeux monte de plus en plus comme celle des personnages de cartoon, jusqu’à l’implosion. A ce stade, on calfeutre tout, on ferme la boutique et on se demande « quel jour est-on, aujourd’hui ? » On connaît déjà la réponse avant d’avoir posé la question. Forcément, on est lundi.
Initialement, je comptais ne poster ce billet qu’à 23h59 pour ne pas tendre de perche trop évidente  à la divinité facétieuse du Lundi (la divinité du Lundi, parlons-en : quelle ingratitude, alors que par son nom, ce blog s’inscrit sous sa protection.) En effet, la journée n’est pas terminée et je n’ai pas envie de me ramasser un piano tombé du ciel sur la figure comme ce pauvre Garfield. C’est bien arrivé à George Clooney alors qu’il fanfaronnait avec ses capsules Nespresso, alors pourquoi pas moi.

 

Image (c) Fran.Ros.Hellin / roshellin

 

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