20 novembre 2011

bébé

Une page, c’est pas grand-chose une page, mais elle va pas s’écrire toute seule, cette page. Je vole quelques minutes de solitude (toute relative) pour m’échapper et écrire cette note. Chez moi, ce weekend, on rejoue « Le Grand Chambardement » (en réalité, on le joue tout court, puisque je ne crois pas qu’il y ait un jour eu un cinéaste pour donner un titre aussi stupide à un film. Je vais quand même vérifier sur Google, ce serait ballot de me mettre à dos un membre de la grande famille du cinéma à cause d’un jugement hâtif sur un titre. Pas que j’aie l’intention d’entrer dans la profession par la grande porte, ni par la petite lucarne d’ailleurs, mais c’est une question de superstition, je veux garder toutes mes chances de le faire si je décide de me lancer dans une carrière d’actrice à 80 ans, sait-on jamais. Je reviens. Ah zut. Si, je viens de m’aliéner un réalisateur, il existe bien un téléfilm intitulé le Grand Chambardement, mais c’est pour un Théma d’Arte, donc ça compte pas.) Le Grand Chambardement, donc, tient à la visite pour quelques jours d’un couple d’amis anglais, avec leur petite fille d'un an. Un tout petit machin au visage angélique mais qui a plus de voix que moi quand j’essaie de chanter le générique de la série Magnum (ma sœur dit que j’y arrive très mal et que je devrais vraiment arrêter ou je vais finir par avoir des embêtements avec les voisins). La petiote étant nettement plus divertissante que tous les Thémas d’Arte réunis (c’est pas difficile), j’ai tendance à me laisser happer par sa conversation fascinante sur la façon d’avaler des chocolats avec le papier et de chiper subrepticement le plan de Paris pour mesurer son étanchéité dans les toilettes pendant que personne ne regarde. C’est fou ce que j’ai appris en une après-midi. Je sais maintenant retirer mes chaussettes en moins d’un quart de seconde : partant du principe que je savais forcément faire tout ce qu’un enfant d’ un an peut faire,  j’ai été forcée de faire mes preuves quand la petite s’est avérée être le Lucky Luke du retirage de chaussette (son ombre n’a même pas encore défait ses lacets qu’elle est déjà en train de mâchouiller ses deux chaussettes avec bonheur). J’ai chanté des comptines entêtantes toute la journée, et telle que vous me voyez là, je suis maintenant terrifiée à l’idée que je puisse entonner ces chansons distraitement dans les transports en commun ou dans la salle d’attente du dentiste avant de prendre conscience que je suis en train d’articuler distinctement « brille, brille, petite étoile, flotte, flotte, petit nuage ». J’ai découvert qu’on pouvait tout à fait fabriquer de la peinture orange à partir de vraies carottes, en particulier lorsqu’elles sont en purée, et que ça tient finalement assez bien sur le mur. Que le bain est quand même nettement plus agréable quand 3 canards en plastique et un bébé baleine le prennent en même temps que soi (je suis complètement passée à côté de la vie, moi, avec ma douche expédiée en cinq minutes). Mais comme je suis une adulte responsable et posée, comme je suis une adulte, j’ai aussi appris à gérer mon temps parfaitement efficacement, et je repère tout de suite le moment où je peux profiter de 10 minutes de répit pour écrire ma note de blog. C’est maintenant. C’était maintenant. Elle frappe à ma porte avec un chocolat dans son papier qu’elle m’offre avec tout son cœur, comment résister ?

Posté par Ceher à 20:51 - Commentaires [ 0] - Permalien [ #]
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